CONGRES DE L’UNION DEPARTEMENTALE FORCE OUVRIERE DE PARIS

, par Alain LEFEBVRE

Environ 450 personnes, délégués, militants et invités ont participé au XIe congrès de l’Union départementale FO de Paris qui s’est tenu les 14 et 15 octobre, en présence de Patrick Privat, trésorier confédéral et de Michèle Biaggi, secrétaire à l’organisation, au gymnase Japy, dans le XIe arrondissement de la capitale.

L’UDR FO de Paris est intervenue à la tribune pour faire état de la situation réelle des retraités et alerter sur les dangers de la réforme voulue par le Medef et ses supplétifs "syndicaux" des régimes de retraite complémentaire. Le congrès a intégré dans sa résolution la motion de l’UDR FO de Paris s’opposant à la fusion AGIRC ARCCO.

INTERVENTION D’ALAIN LEFEBVRE, Président de l’UDR FO PARIS

Chers camarades, je vous apporte le salut fraternel des syndiqués de l’Union des Retraités FORCE OUVRIERE de Paris.

Tout d’abord, je rappelle que l’’UDR FO 75 est une structure qui a vocation, dans un cadre interprofessionnel, à syndiquer et àorganiser les salariés parisiens qui ont pris leur retraite. Elle a également vocation à rassembler pour des actions ponctuelles ou spécifiques l’ensemble des retraités parisiens organisés dans d’autres structures au sein de FORCE OUVRIERE. Les retraités demeurent des salariés et, à ce titre, ils poursuivent le combat syndical. C’est la raison pour laquelle, l’Union des Retraités FORCE OUVRIERE de Paris s’est investie dans le combat quotidien pour la défense et l’amélioration des retraites. Mais également, autour et à l’appel de l’Union des Retraités FORCE OUVRIERE de Paris, les retraités ont participé significativement aux journées de mobilisation, de grève et de manifestation des 9 avril et tout récemment du 8 octobre 2015.

LES RETRAITES NE SONT PAS DES NANTIS : Non camarades, les retraités ne sont pas des privilégiés, ne sont pas des nantis comme voudraient le faire croire le gouvernement, le patronat et la presse aux ordres pour susciter une prétendue fracture générationnelle.

Aujourd’hui 10% des retraités vivent sous le seuil de pauvreté, 964 € par mois. Environ 4% d’entr’eux sont contraints de continuer à occuper un emploi, et souvent quel emploi, du fait du montant insuffisant de leur pension. Un demi-million de retraités, principalement des femmes, ne perçoit que le minimum vieillesse, appelé aujourd’hui ASPA soit 800€ par mois. La retraite est un droit parce qu’elle est construite à partir d’un devoir, celui de cotiser afin de servir immédiatement les pensions en cours.

Pour autant, les retraités sont dans une situation qui les conduit à soutenir des revendications spécifiques en matière de pouvoir d’achat et de droits sociaux, bien qu’il s’agisse le plus souvent de protéger des acquis dont bénéficieront les générations futures . A cet égard, l’UDR FO 75 a participé, aux côtés de la CGT, de la FSU et de Solidaires à la manifestation du17 mars 2015.

Très récemment, le 1er octobre dernier, les militants de l’Union des Retraités FORCE OUVRIERE de Paris étaient présents au rassemblement au Rond Point des Champs Elysées pour soutenir la délégation de l’Union confédérale des retraités (UCR) FO et des autres syndicats de retraités (CGT, FSU, Solidaires.) qui lui ont remis les cartes postales-pétitions signées par plus de 100 000 personnes dénonçant les attaques incessantes contre les retraités et réclamant la revalorisation des pensions.

Enfin, l’UDR FO PARIS, aux côtés notamment de la CGT, a participé activement au succès de la pétition refusant l’augmentation des cartes Emeraude et Améthystes qui conduit à ce qu’un retraité percevant 1 380€ de pension doit acquitter désormais 36€ par mois (soit plus qu’un actif dont le passe Navigo de 70€ est pris en charge à 50% par l’employeur) alors que jusqu’à présent il payait 40€ par an ! C’est à une assignation à résidence que conduit la décision prise par la mairie de Paris, nous l’avons signifié sans ambages lors d’une délégation le 6 octobre dernier au cabinet de Mme VERSINI, maire adjoint.

Par ailleurs, afin de permettre à ses adhérents et à ceux des UDR d’Ile de France de se rencontrer et d’échanger, L’UDR FO de PARIS s’est engagée dans la mise en place, à raison d’une par trimestre, de conférences débat. La première où nous avons reçu notre camarade Gérard Rivière Président de la CNAV a été un franc succès. Nous invitons tous les retraités à participer à la prochaine séance qui se tiendra à la mi-janvier 2016.

Pour toutes ces informations, je renvoie les camarades au site Web de l’UDR FO 75 : retraites75.force-ouvriere.org

Je souhaiterais terminer cette première partie de mon intervention en adressant un remerciement appuyé à tous les retraités qui sont actuellement si activement investis dans les instances et structures organisationnelles de l’UD FORCE OUVRIERE de PARIS.

Le second point sur lequel je souhaite intervenir est LE FINANCEMENT DES RETRAITES COMPLEMENTAIRES AGIRC ARCCO.

Le 16 octobre prochain s’ouvrira une nouvelle séance de négociation sur le financement des retraites complémentaires après 5 séances infructueuses. Il faut rappeler que le blocage est essentiellement dû à la position du Medef qui campe sur un refus de hausse des cotisations patronales et sur sa volonté de fusionner l’AGIRC, la retraite complémentaire des cadres, et l’ARCCO, la retraite complémentaire de tous les salariés du privé et sur sa volonté de mettre en place un abattement temporaire et dégressif sur les pensions (à l’image notamment de ce qui se pratique dans les contrats d’assurance vie). A noter qu’il est sur ce point secondé, sans surprise, par la CFDT. Je renvoie les camarades à la lecture du plan proposé par cette organisation.

Tout d’abord, il faut rappeler que les retraites complémentaires représentent une part essentielle (de 30% pour un employé à 50% pour un cadre) des retraites servies. Ces régimes sont obligatoires et fonctionnent selon la technique de la répartition : les actifs cotisent pour payer la pension des retraités et acquièrent eux mêmes un droit à pension. Aujourd’hui 12 millions de retraités bénéficie d’une retraite complémentaire. 18 millions de salariés du privé cotisent actuellement à ces régimes. Ce qui est en jeu, camarades, c’est le principe même du financement des retraites par la cotisation sociale.

Le statut « cadre » est également mis en cause. Ce statut est un acquis social qui garantit un niveau minimum de salaire reconnu par les conventions collectives. Aujourd’hui ce statut concerne essentiellement des salariés qui sont des cadres d’expertise et non d’encadrement ou de management. Logiquement, le patronat cherche à en finir avec ce statut qui concerne désormais des salariés de plus en plus nombreux. Une bonne façon d’en finir est de supprimer l’AGIRC et par conséquent la CCN DE RETRAITE ET DE PRÉVOYANCE DES CADRES DU 14 MARS 1947 et ainsi de mettre en cause la qualification et la rémunération des salariés concernés.

Pour ces raisons nous devons nous opposer à la fusion AGIRC ARCCO, d’autant que des solutions existent :
-  Que ce soit d’augmenter le taux des cotisations de 2.45% (0.93% pour les salariés et 1.52% pour la part patronale)
-  Que ce soit en élargissant l’assiette de cotisation (intéressement, participation etc.) et en avançant dans l’égalité salariale hommes/femmes.

NON A LA CASSE DES REGIMES COMPLEMENTAIRES DE RETRAITE

NON A LA FUSION AGIRC ARCCO

VIVE L’UNION DEPARTEMENTALE FORCE OUVRIERE DE PARIS

VIVE LA CGT-FORCE OUVRIERE